INTERVIEW DE Jimmy Archange MULINGANYA

sur

« les avantages et désavantages des fonds des investissements étrangers en Rdc »

Le développement se définit d’une manière générale comme le fait de quitter une étape x vers une autre étape y. L’économie explicite pour parler d’une croissance. Mieux, c’est l’évolution. Le changement graduel qui modifie les conceptions ou les procédés. Les définitions sont légions. Toute personne peut définir le développement à sa manière. Une étude a été menée par un chercheur congolais, Jimmy Archange de l’université de Liverpool (Royaume uni) sur cette question pour l’obtention d’une maîtrise. Il est également directeur de marketing de Christ Novic, une société de raffinage d’huile des palmes. il a accordé une interview exclusive à votre Magazine.

Ci-dessous l’intégralité de l’entretien. Question – réponse.

Par Jules césar Mokonzi

Q.1/Les décideurs ; Avant de nous entretenir sur le vif du sujet, quel est selon vous le modèle économique , mieux, une stratégie à mettre en oeuvre pour booster le développement dans le pays ? Nous nous déployées essentiellement dans le secteur de raffinage d’huile des palmes.

Jimmy archange Mulinganya. Attirer les investisseurs ( étrangers et locaux) dans des domaines ciblés tels que l’énergie; l’agriculture; l’infrastructure; la santé et l’education peut constituer un point de départ important dans cette lancée . En effet, ce serait la fondation d’un développement durable et un signal fort à la population.

L’agriculture, en elle même représente une grande base de développement d’une économie. L’entrepreneur Emérite Aliko Dangote dans une de ses publications invite d’ailleurs à prioriser le secteur agricole.
Pouvez-vous croire que 98% d’huile consommée en RDC est importée? Oubliant que jadis nous la RDC; étions classés parmi les premiers producteurs du monde pour la production d’huile de palmes?
Il était donc impérieux pour nous de prendre des initiatives et faire quelque chose dans le domaine de l’agro-busines.

Q.2/Les décideurs ; Que vous inspire la qualité des investissements extérieurs dans le pays et de tous ce qui l’entourent ( contribution au développement à travers les emplois créés et des impôts m, taxes payées).
Jimmy A.M. Notons que nous ne sommes pas encore où nous devrions être. A présent on attire des investisseurs qui n’apportent pas une très grande différence dans le paysage socio-économique de la RDC.

Cela est simplement dû au fait que nombre d’entre eux investissent dans des domaines qui présentent moins de risques.

Dès lors, il incombe au gouvernement de rassurer les potentiels investisseurs étrangers en adaptant une politique économique prévisible. Ceci demeure possible par la mise en place de mécanismes bien étudiés qui assureraient les investisseurs dans le pire des cas.

Les décideurs ; Qu’est ce qui peut expliquer le désintéressement des investisseurs à investir dans le secteur de raffinage d’huile des palmes, du faible niveau d’investissement si pas l’absence d’investissement dans ce secteur ?

Jimmy A.M. Les plus grand soucis étaient l’instabilité politique et l’insécurité dans les milieux ruraux. Mais à ce jour les raisons évoluent et l’environnement socio-politique connaît une mutation assez encourageante.

Toutefois, un approvisionnement en électricité stable et des politiques économiques prévisibles peuvent motiver les investisseurs à se joindre à nous dans ce secteur.

Les décideurs; Ouvrons le chapitre sur votre entreprise Christ Novic. C’est quoi votre programme ou ambition dans le raffinage d’huile de palmes.

J.A.M. Avec nos 5500 hectares dans la province de KWILU et une machine de production d’huile à forte capacité de 7TPH, notre ambition est de créer une huilerie moderne en RDC capable de satisfaire le marché avec des produits de haute qualité made in Drc. Ce qui engendrerait de grandes débouchées tant sur le plan social qu’économique, avec la création
d’emplois et un soutien direct à l’économie locale.

Les décideurs ; Si vous ne vous s’occupez pas de la politique, la politique va s’occuper de vous, dit-on. Comment voyez vous l’approche Tshisekediste d’ouvrir le pays à l’extérieur à travers différentes participations aux forums d’affaires, sur l’entreprenariat ici et du forum sur les investissements et là ?

J.A.M. Nous félicitons et encourageons à leurs justes valeurs les efforts consentis par le chef de l’Etat. Le monde, devenu un village planétaire depuis son arrivé au pouvoir; en plus des diverses avancées technologiques, il serait absurde de faire dans l’isolement.

L’on se doit de tisser des liens forts avec l’expertise extérieure afin de s’en impregner et y tirer meilleur profit possible, pour le développement de notre patrie.

Ainsi, l’approche du chef de l’Etat en vue d’attirer des investisseurs de qualité est hautement salutaire. Il se porte devant comme l’ambassadeur de la RDC.

Néanmoins ne croyez-vous pas qu’une stratégie en bonne et du forme facilitera plus sa démarche?
Par exemple: avoir des entrepreneurs locaux qui ont réussi les affaires en RDC dans ses délégations comme témoignage démontrant que les affaires prennent un certain essor au niveau local.

Par anticipation, une bonne équipe spécialisée dans le domaine des FDI aiderait le Président de la République à bien préparer ses forums et autres types de rencontres visant la promotion des investissements en RDC.

Une équipe de management dudit domaine permettra d’asseoir de manière efficace les différents objectifs à atteindre et bannir ainsi toute forme d’improvisation.

Les décideurs ; Que doit-on attendre de la diaspora congolaise au delà de l’expertise. Ce n’est pas l’expertise qui manque aussi bien dans la diaspora qu’à l’intérieur du pays.
J.A.M. Comme l’a indiqué Chukwu-Emeka Chikezie, chaque diaspora a des spécificités qu’il faut identifier pour pouvoir créer un lien productif entre elle et son pays d’origine.

La grande difficulté que rencontrent les professionnels Congolais installés en Europe et Amérique du Nord vient d’abord de l’absence de structures de contact qui leur permettraient d’entretenir un dialogue permanent avec les autorités de leurs pays d’origine .

Il faudrait au préalable créer un cadre accueillant dans lequel les membres des diasporas disposeront d’une certaine intégration afin de faire valoir leurs capacités. De ce fait, Il faudrait éviter de créer un antagonisme entre la diaspora et les cadres restés dans les pays d’origine.

La diaspora Congolaise peut jouer un rôle de catalyseur. Ayant des liens avec l’extérieur, ses membres indiquent clairement, par leurs actions, aux entreprises de leurs pays d’accueil que leur pays d’origine est stable, digne de confiance, et favorable à l’investissement.

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