Rdc/Politique: FATSHI LA FORCE DE LA BASE


Le nouveau président de la République Démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo accède à la magistrature suprême dans un contexte des grèves ici et là dans les entreprises publiques et ailleurs. Bref, il hérite d’une situation quasi chaotique. Tous les secteurs de la vie nationale sont en panne. Par où va-t-il commencer. Et sera-t-il en mesure de remettre le pays sur le rail « après quatre décennies de mauvaise gouvernance » avec quel programme et quels acteurs ?


Les Décideurs
Trente-sept années sont déjà passées depuis que les pères fondateurs de l’Union pour la Démocratie et le Progrès social « Udps » en Rdc se sont engagés dans l’opposition pour combattre la dictature et ses fruits « mauvaise gouvernance, absence d’état de Droit et autres antivaleurs », en vue d’instaurer un nouvel ordre politique dans le pays basé sur l’état de Droit et l’effectivité de la démocratie. Tâche pour laquelle beaucoup d’entre les hommes politiques de l’opposition et d’entre les jeunes combattants ont payé de leurs vies et autres ressources. L’on se souviendra de Rossy Mukendi Tshimanga et tant d’autres anonymes. Le leader de ce mouvement politique, Etienne Tshisekedi a par sa constance dans une lutte démocratique et pacifique, réussi à se faire une grande renommée sur l’échiquier international. Il s’est auréolé du glorieux qualificatif d’opposant historique. Appelé affectueusement lider maximo, ya Tshitshi ne jouira pas physiquement du fruit de son combat, la victoire finale. Mais, c’est bien lui le père biologique et idéologique de l’actuel président de la Rdc, Félix Antoine Tshisekedi, proclamé vainqueur de l’élection présidentielle du 30 décembre 2018. Fatshi a tout hérité de son défunt père sous l’ombre duquel il a milité durant toutes ces années d’un combat qui a fini par payer. Il s’est formé politiquement aux côtés de ce grand homme politique du pays jusqu’à briguer de hautes fonctions de responsabilité au sein de l’udps. De la base au sommet gravissant échelon après échelons, Félix est parti de la base pour atteindre le sommet du parti et du pays.


Né à Kananga trois ans après l’accession du pays à sa souveraineté nationale et internationale, soit le 13 juin 1963, Fatshi a connu un certain confort dans lequel vivait l’élite congolaise en son temps (évolués). Tout a basculé pour lui en 1980, lorsque son père décide avec d’autres parlementaires de s’opposer à Mobutu. L’affaire de 12 parlementaires qui a fait couler beaucoup d’encre et salive et qui a sonné le glas du règne du parti unique « le MPR ». Et deux ans après, soit le 15 février 1982 est née l’Union pour la Démocratie et le Progrès social « Udps ». Conséquence, E. Tshisekedi sera assigné à résidence dans son Kabeya Kamwanga natal au centre du pays dans la province du Kasaï. Un déplacement qui ne sera pas sans conséquences notamment sur les études des enfants. En ce qui concerne Félix, il se retrouvera à Bruxelles en Belgique où il a évolué avant de rejoindre les rangs de l’Udps pour militer et exercer différentes fonctions comme cadre du parti. En novembre 2011, il est élu député national à Mbuji mayi. Mais il refuse de siéger à l’Assemblée nationale par respect au mot d’ordre donné par le chef de son parti, E. Tshisekedi qui contestait la victoire de Joseph Kabila en revendiquant sa propre victoire. Fatshi sera tour à tour nommé secrétaire national chargé des affaires extérieur de l’Udps alors dirigé par son père et secrétaire général adjoint. C’est bien lui (Fatshi) qui a conduit, sous la bénédiction de son père, la délégation du rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement de la Rdc aux discussions politiques directes avec le camp du président Kabila organisées sous les auspices de la conférence épiscopale nationale du congo « cenco ». Et pour couronner son parcours au sein de l’Udps, Fatshi sera porté, en 2018, à l’unanimité à la présidence du parti, à l’issu du congrès organisé en vue de choisir un successeur à son père décédé le 1er février 2017. Mais cette ascension fulgurante de Fatshi ne se limite pas seulement au sein de son parti. En mars 2017, peu après la mort de son père, il devient le président du rassemblement. 7 leaders de l’opposition qui ne croyaient pas à sa victoire en allant en ordre dispersé à l’élection présidentielle, décidèrent de se choisir un candidat commun. C’est Fatshi qui était initialement présenti à ce poste. Mais à Génève, le choix est tombé sur Martin Fayulu. La base de l’Udps, mécontente se révolta est imposa à son leader de retirer sa signature de cet accord. A l’écoute de sa base, Félix a retiré sa signature de la coalition Lamuka pour former le ticket gagnant avec un allié de taille, Vital Kamerhe. La base avait raison. Voici qu’en 2019, il est élu président de la République démocratique. Il inscrit son nom dans les annales du pays comme cinquième président. Ainsi en a décidé le destin. Le père a mené le combat, le fils l’a gagné. Vive le président Fatshi.

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