Pouvoir au sommet de l’Eglise Catholique: FRIDOLIN AMBONGO SUCCÈDE À L. MONSENGWO!

Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. Cette sagesse qui prend ses racines dans la parole de vie (évangile) qui est la Bible s’applique exceptionnellement en Rdc avec la création de Fridolin Ambongo Besungu comme cardinal ayant autorité sur les prêtres du Congo et de l’Afrique Centrale. Il succède à Laurent cardinal Monsengo Pasinya envoyé à la retraite. Il a célébré sa première messe de cardinalat dimanche le 17 novembre 2019 au stade des martyrs devant le président de la République démocratique du Congo et quelques autorités politico- administratives et militaires ainsi que des fidèles venus nombreux sans oublier les invités notamment la délégation de Brazza-ville (République du Congo).

Par Julien Ntabaza

Le Pape François a créé Fridolin Ambongo Besungu cardinal un certain samedi 5 octobre 2019 au Vatican. L’archevêque métropolitain de Kinshasa remplace à cette dignité ecclésiale le Cardinal Monsengwo, qui a pris sa retraite. Il devient ainsi le quatrième Cardinal de l’histoire de l’Eglise catholique romaine de la RDC. Il devient Cardinal à 59 ans.

Né le 4 janvier 1960 à Boto, Ambongo a commencé à affûter sa vocation sacerdotale dans le diocèse de Molegbe, territoire de Kungu, en Equateur. Un long parcours jusqu’à l’archidiocèse de Kinshasa. Après ses études primaires et secondaires au petit séminaire de Bwamanda, le jeune diplômé Ambongo va s’inscrire à l’ordre des Frères mineurs de la congrégation des Capucins, en 1980. L’année suivante, il embrasse 7 années de formation philosophique et théologique. Il les termine avec brio et est ordonné prêtre en 1988.

En 1991, il achève sa Licence en théologie morale, avec grande distinction aux facultés catholiques de Kinshasa. Cinq ans plus tard, il est proclamé docteur, toujours en théologie morale, a l’académie pontificale de Rome, en Italie. Fridolin Ambongo va alors gravir les échelons jusqu’à devenir Supérieur des Capucins en Afrique de l’Ouest. Professeur de théologie morale, il a été nommé évêque de Bokungu-Ikela en 2004. Plusieurs fois administrateur apostolique, il sera confirmé archevêque de Mbandaka-Bikoro le 12 novembre 2016. Le 6 février dernier, Monseigneur Fridolin Ambongo Besungu avait été nommé archevêque coadjuteur de l’Archidiocèse de Kinshasa, pour aider le Cardinal Monsengwo, archevêque métropolitain, dans sa mission pastorale. Bien avant cette promotion, il était vice-président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). Plusieurs fidèles catholiques de Mbandaka notamment saluent son franc-parler et son combat contre les inégalités sociales. Agé de 57 ans, le nouvel archevêque coadjuteur de Kinshasa, a officiellement été présenté aux médias dans la capitale congolaise. Sa tâche de prendre la relève du très influent cardinal Monsengwo ne s’annonçait pas facile, car, âgé de 79 ans, son prédécesseur devrait
bientôt va prendre sa retraite. Mgr Monsengwo a expliqué que son coadjuteur évoluera à ses côtés au même titre
qu’un évêque auxiliaire… «mais avec droit de succession immédiate sur le siège de l’évêque dont il est adjoint après la
démission ou le décès de ce dernier». A ce titre, beaucoup se demandent si Mgr Ambongo poursuivra, au même diapason que son prédécesseur, la «tâche prophétique» qu’assurait avec hardiesse le cardinal Monsengwo. Ce dernier s’est en effet illustré par des prises de position interpellant le pouvoir de Kinshasa face à la moindre tentative de dévier de la Constitution ou pour le bien-être des Congolais, s’attirant en retour les attaques du régime. Le dernier message de Mgr Monsengwo appelant «les médiocres à dégager» pour «que règnent la paix, la justice en RD Congo», marquera longtemps les esprits. Le président Joseph Kabila a lui-même réagi en demandant que l’on sache «rendre à César ce qui est à César et à Dieu, ce qui lui est à Dieu». Pour beaucoup, Mgr Ambongo, archevêque de Mbandaka-Bikoro (dans
l’ouest) avant sa nomination, pourrait bien rester sur la même lancée. Vice-président de la Conférence épiscopale
nationale (Cenco), en charge de la commission Justice et Paix, Mgr Ambongo est en effet aussi critique que le cardinal Monsengwo. Co-médiateur de l’accord politique, qui a permis le report des élections en 2016, dont l‘épiscopat exige l’application complète, Mgr Ambongo a fait plusieurs sorties pour dénoncer les dérives du régime, mais aussi les incohérences de l’opposition. Au sein de l’épiscopat congolais, Mgr Ambongo est même celui qui s’affichait sur le front diplomatique, notamment pour exiger la pression sur le gouvernement en vue de la mise en oeuvre complète de l’accord de la saint sylvestre. Le commencement de son cardinalat met fin à une période marquée par des dissenssions
entre l’église et le pouvoir de Félix Tshisekedi dont elle contestait l’élection. Le ton d’Ambongo a changé lors de ses prémices de cardinalat. Conciliant, le prélat a appelé les uns et les autres à enterrer la hâche de la guerre pour bâtir ensemble le pays.

Rappelons aussi qu’Ambongo a gravi tous les échelons de la congrégation des Capucins jusqu’à devenir le président national de l’Assemblée des Supérieurs majeurs (Asuma) et du district des Frères mineurs capucins en Afrique (Concau). En 2008, il a été nommé administrateur apostolique du diocèse de Kole au centre de la RDC, puis président de la Commission épiscopale ‘Justice et Paix’ et administrateur apostolique de Mbandaka-Bikoro, avant d’être nommé archevêque du même archidiocèse le 12 novembre 2016.

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