Publication du nouveau gouvernement : SHOLE DONNE DE LA VOIX!

Le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo « Cenco, l’abbé Donatien Sholé invite les membres du nouveau gouvernement à se mettre très rapidement au travail pour apporter des solutions aux multiples problèmes dans le pays. Il réagissait ainsi à la publication du gouvernement. Un gouvernement qui a mis trop de temps à être publié. C’est ici le moment de rappeler la communication qu’avaient faite en son temps (2009) les princes de l’église.

Par Bendjamin Mugisho

En effet, au lendemain de la commémoration du 59ième anniversaire de l’indépendance de la RDC avec comme thème :« les choix fermes à opérer pour un Congo prospère et heureux », les pères spirituels avaient analysé l’ensemble du parcours de la Rdc. Ils en sont arrivés à la conclusion selon laquelle, « rien n’a changé ». L’introduction de cette communication était tirée du livre des proverbes 14 : 34 « la justice élève une nation, mais le péché est la honte des peuples ». Ils avaient lancé un appel principalement aux fidèles catholiques qui dirigent des institutions, aux femmes et hommes de bonne volonté, à combattre l’injustice et la corruption qui gangrènent le pays.

Pour les évêques, « la restauration de la nation passe par la lutte contre les injustices et les corruptions ». Il sied de rappeler qu’au 30 juin 2010, l’occasion de la célébration des 50 ans de son existence en tant que nation congolaise et indépendante», les pères de l’église avaient invité les citoyens en tant que chrétiens à une célébration qui soit la plus digne et en même temps la plus fructueuse et la plus prometteuse de toutes pour l’avenir du pays. Ce message est encore d’actualité dix ans après sa publication. L’on se souviendra également qu’en 960, les évêques de ces temps-là avaient salué avec grand espoir l’annonce de l’indépendance du Congo…

Aujourd’hui encore, l’église est convaincue qu’avec la loyale et généreuse collaboration de tous, le pays peut devenir prospère et heureux, capable de tenir dans l’histoire de l’Afrique et du monde le rôle que la providence lui réserve. Pour revenir en 2010, les évêques rappelaient par ailleurs que c’est dans cette direction que les pères révolutionnaires de l’indépendance s’engageaient à faire avancer le pays vers ses destinées les meilleurs pour le bien-être du peuple dans son ensemble. Dix ans plus tard, la réalité semble être loin de ces objectifs-là. Certes, il y a des avancées indéniables notamment « une prise de conscience d’appartenance à une nation, la cohésion sociale qui a permis de résister aux velléités de balkanisation, la tenue régulière des élections quoique pas encore à la hauteur d’une véritable démocratie, l’émergence d’une élite autochtone de renommée incontestable », mais force est de constater que la Rdc
a aussi beaucoup reculé au fil des années, « des antivaleurs ont détruit le tissu éthique de notre société». Il y a en outre la problématique des guerres à répétition qui ont entrainé des milliers de morts sans oublier la question des infrastructures sociales qui sont dans un état de délabrement et d’effondrement inquiétant. L’administration publique, la territoriale, la magistrature, l’éducation nationale, l’armée et la police ne sont plus des structures qui donnent
pleine satisfaction à la population. Le peuple est clochardisé et voué à la débrouillardise. Tout le monde se plaint de cette situation et la décrie. Ce tableau sombre, se plaignent les évêques, reste d’actualité dix ans après ce message. Tout le monde continue à se plaindre, de la base au sommet. Les conditions de vie se déteriorent de jour en jour pour la majorité de la population. Les évêques mentionnent que dans ces plaintes et gémissements, le peuple en particulier pointe du doigt l’injustice et la corruption qui sont devenues le cadre général de vie et d’action politique en Rdc. Ils déclarent qu’aucune institution n’est épargnée. Des réseaux maffieux pullulent et opèrent presqu’officieusement. De l’école primaire à l’université en passant par le secondaire, dans les cours et tribunaux mais également dans d’autres instances des prises de décisions et d’exécution, une culture de la corruption se normalise dans la gestion de la res-publica. Comme un cancer, la corruption renforce le dysfonctionnement du système judiciaire. Tout le monde se plaint et la dénonce mais une réelle volonté politique de les combattre et de les éradiquer n’y est pas. Ce manque de volonté politique réelle affecte et affaiblit l’autorité de l’état. Malgré les engagements pris par le gouvernement, il n’y a cependant aucune détermination dans le chef des autorités compétentes de concevoir un mécanisme et des modalités de prévention
et de répression des actes de corruption.

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