COLISION POLITIQUE EN RDC :LA COALITION FCC CACH, UN PIÈGE SANS FIN !

Par Julien Ntabaza
Des appels à l’apaisement se multiplient de part et d’autres pour l’avenir de la coalition FCC-CACH. Plusieurs événements politiques ont fait apparaître des tensions qui minent la bonne marche des institutions. Ces deux plates formes politiques pourtant en coalition pour la gouvernance, vivent, disons plutôt qu’ils se regardent en chiens de faïence. D’aucuns parlent du résultat d’une alliance contre nature entre deux ennemis d’hier, laquelle doit faire beaucoup de temps pour s’accommoder.

Tout a commencé au mois de juin 2019, lorsqu’à la faveur d’une motion, le député FCC Charles Mundele Nawej traita le président de la République Félix Antoine Tshisekedi d’inconscient pour avoir signé les ordonnances de nomination des directeurs généraux et des membres des Conseils d’Administration à la Gécamines et à la SNCC, sans avoir préalablement consulté le premier ministre, qui, en principe, devrait contresigner ces ordonnances. Des ordonnances dont l’exécution souffre jusqu’à présent sans que plus personne n’en parle. Depuis, ce sont des escalades verbales croisées qui opposent le camp du parti présidentiel « l’UDPS» à celui de la majorité parlementaire « le FCC ». Des tensions et manifestations fragilisant la bonne marche des activités dans le pays sont observées de manière récurrente. Le vrai jeu de Ping- pong à la manière des petits enfants a pris la place des réflexions sur la «coalition » FCC – CACH. A peine construite, cette dernière commence à présenter des fissures déjà sur ses murs. Inquiets, certains pro-FATSHI avaient appelé à la dissolution de cette alliance, qu’ils disent mettre le président dans une position incofortable pour bien gérer.

Parlant de l’alliance contre nature, signalons tout de même que ces deux parties sont pourtant, des socio-démocrates avec une même doctrine politique mais qui par le passé se sont farouchement opposée et continuent à s’opposer sur un certain nombre de choses, notamment l’approche de la gouvernance. Le nouveau président tient beaucoup à la bonne gouvernance et l’état de droit. Cela n’est possible qu’avec un autre type d’hommes politiques avec des mains propres.

Maintenant qu’elles sont en coalition pour gérer ensemble le pays, le mieux serait de parler le même langage en lieu et place de se disputer sur des questions élémentaires pendant que le pays attend des actions concrètes pour accélérer le processus du développement. Mais les appétits gloutons des uns et des autres pour des postes mettent en mal la volonté réelle du changement tant attendu au pays. Le camp de la majorité parlementaire FCC vient fraichement de la gestion du pays pendant 18 ans. Il a encore raflé l’essentiel des ministères clés susceptibles d’impulser le changement au pays. Va-t-on faire du neuf avec du vieux ? Peut-être ! Car, l’homme est dynamique et la conduite d’un groupe dépend de l’impulsion de son leader. En face, ce sont des novices pour la plupart qui n’ont jamais géré. L’inexpérience va-t-elle constituer un autre handicap ? Pas trop évident, car tout long d’un voyage commence par un pas. Mais tout de même, il y a des frustrations au sein de l’opinion qui redoute un possible blocage dû à un mariage FCC-CACH qui ressemble plus à un piège sans fin. Comment comprendre qu’un député national connaissant la constitution et les lois de la République puisse se permettre le luxe de traiter le magistrat suprême d’inconscient. Insulte, que dis-je, outrage au chef de l’Etat. Ce qui est une infraction selon la constitution et les lois de la République. Mais aucune sanction n’a suivi. S’achemine-t-on vers la consécration de l’impunité? Plusieurs autres faits comme les accusations de corruption lors des sénatoriales, font penser à cela. Sauf que la base de l’Udps ne l’entend pas de cette oreille. Elle est allée jusqu’au parlement pour manifester et réclamer des sanctions. Comme dans toute manifestation publique quelques dérapages ont été observés. Les dégâts matériels et pertes en vies humaines enregistrés. Cette situation de tiraillement
entre le camp présidentiel et la majorité parlementaire dans l’histoire politique de la République démocratique du Congo, rappelle la crise de 1960 entre Kasa-Vubu et Lumumba. Tout le monde en connaît l’issue. C’est pourquoi, certains analystes redoutent une difficulté pour le président Félix Tshisekedi de bien diriger le pays dans cette configuration et d’appliquer son programme de développement. Certains envisagent la possibilité de la dissolution du parlement, encore faut-il que les conditions légales soient réunies pour cela. Surtout quand on sait bien que les élections des sénateurs ont fait couler beaucoup d’encre et de salive. Les arrêts de la cour constitutionnelle invalidant certains députés LAMUKA et les invalidations/validations «stratégiques » des députés FCC ne rassurent pas non plus.
N’eût-été l’implication du président Félix, certains députés comme de Cherubin Okende se trouveraient en dehors du jeu politique.

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