RDC/Sénat : Bureau provisoire – Léon Mamboleo, Sona Kamitatu et Victorine Lwese écrivent une nouvelle page d’histoire!


Une deuxième législature s’ouvre au sénat. 100 sénateurs sur un total de 108 que doit compter cette Chambre, ont repris le chemin du parlement. Il faut attendre les sénatoriales dans le Maindombe et le Nord-Kivu où les législatives (provinciales et nationales) avaient été organisées en retard après leur suspension pour l’une ou l’autre raison, afin d’avoir les 8 autres sénateurs devant compléter la liste. Entre-temps, la remise et reprise entre le bureau sortant et le bureau provisoire de l’actuel sénat a eu lieu. Le doyen d’âge, l’élu du Sud-Kivu, Léon Mamboleo présidera ce bureau provisoire. Il est assisté de deux secrétaires.

Par Julien Ntabaza
Le premier sénat de la troisième république a été marqué par sa longévité. Il a cumulé deux mandats. Il a fonctionné de 2007 à 2019 faute d’organisation des élections en 2011 et 2016. Mais les élections ont fini par arriver. L’opinion espère que les sénateurs nouvellement élus écriront une nouvelle page d’histoire pour le pays. Le doyen d’âge, Léon Mamboleo (82 ans) et les plus jeunes à savoir Marie Josée Kamitatu Sona (30 ans), première secrétaire qui assure la fonction du rapporteur et Victorine Lwese (31 ans) faisant office du questeur. Ils ont la charge de faire valider les mandats des sénateurs, faire élaborer le règlement intérieur et faire voter le bureau définitif. Tous les trois membres de ce bureau sont pratiquement des figures à ne plus présenter dans le microcosme politique congolais.

Ceux qui ne connaissent pas le doyen Léon Mamboleo Mughuba Itundamilamba, il fut député national dans plus d’une législature en Rdc. C’est un maître avocat de plus de trente ans de carrière avec une riche et longue expérience en matière de droit. Son nom veut dire tout simplement « les problèmes aujourd’hui ». Un nom qui trouve sa justification à travers la vie de cet homme. Il a passé toute sa carrière à plaider et à résoudre les problèmes des autres et de son pays. Cela peut nous renvoyer aux circonstances qui entouraient sa venue sur la terre des hommes.

Me Léon Mamboleo est né à Kagozi, en décembre 1936. Il est originaire de la collectivité de Wamuzimu, en territoire de Mwenga dans la Province du Sud-Kivu, dans l’est de la RD Congo. Après des études primaires à l’école Mero de Kamituga, il fait ses études secondaires au Petit séminaire de Mungombe où il obtient, en 1953, son diplôme des humanités en gréco-latines. La même année, il passe son Jury central à Léopoldville avec brio. Ce qui lui ouvre les portes de l’Université Lovanium. A l’issue d’un cursus universitaire riche, il obtient son diplôme de candidature en Sciences sociales, politiques et économiques. Ensuite, il obtient son diplôme de candidature en Philosophie et Lettres préparatoires au Droit et au Notariat. En 1963, il obtient, son doctorat en Droit. Il fait partie des 5 premiers Docteurs en Droit de l’histoire de la RD Congo de 1960 à 1963. Il est de la même promotion avec feu Dr Etienne Tshisekedi, Dede Alexis, Dipumba Barthélémy, Kabeya Joseph Alidor et Tshibangu Crispin. Les Betty Hubert (Camerounais) et Gakwaya Faustin (Rwandais) faisaient aussi parti de leur promotion.

Il sied de rappeler qu’en son temps, le doctorat à thèse n’était pas encore introduit dans l’enseignement universitaire
en RD Congo. Cela a été introduit à la fin de 1963. Sa carrière professionnelle commence en 1964 lorsqu’il est nommé Conseiller juridique et Directeur du Département d’Etudes et Documentation à la Chambre des Représentants du Parlement congolais. La même année, il fait partie du Secrétariat technique chargé d’élaborer la “Constitution de Luluabourg”, la première Constitution de l’après indépendance. Il sera, par la suite, avocat près la Cour d’Appel de Léopoldville (depuis 1965), Avocat près le Tribunal de Grande Instance de Bukavu (depuis 1971), Avocat près la Cour d’Appel de Kisangani, Avocat près la Cour d’Appel de Bukavu et plusieurs fois Doyen du Conseil de l’Ordre. Bien avant la prise du pouvoir au Rwanda par le FPR, il était avocat détenteur d’une autorisation du Gouvernement Rwandais pour plaider devant les juridictions de ce pays.

Notez que le patriarche Mamboleo s’était engagé en politique il y a 55 ans. Il est alors un des responsables du “Parti Démocratique Africain” (PDA), ce qui lui a valu d’être nommé Ministre de la Justice et Garde des Sceaux et des Affaires Sociales du gouvernement de Salut Public dirigé par Moise Tshombé de 1964-1965. En sa qualité de Ministre de la Justice, il a été cosignataire, pour sa promulgation, de la Constitution de Luluabourg. En 1965, il intègre un nouveau parti politique : l’Alliance des Socialistes Chrétiens Congolais (ASCCO) et parvient à se faire élire député national pour la circonscription électorale du Kivu. Il intègre par la suite le Mouvement Populaire de la Révolution (MPR) jusqu’a y être hissé au rang de membre du Comité Central et du Bureau politique. Lors de la démocratisation du pays en 1990, il quitte le MPR pour intégrer l’UFERI, puis l’UDPS. Ici, il a été membre de la Fédération de l’UDPS au Sud-Kivu avant de quitter définitivement la politique. Ce, après sa participation à la Conférence nationale souveraine. Il va se consacrer à ce qui était sa passion de tout le temps, la lecture. Me Léon Mamboleo fait partie des éminents avocats qui ont toujours défendu la cause de RD Congo auprès des instances juridiques internationales. En 1999, il était le Correspondant juridique principal de la RD Congo à l’Agence intergouvernementale de la Francophonie. Depuis l’année 2000, il avait pris sa retraite et vivait une vieillesse dorée entre Bukavu, Kinshasa, l’Europe et les Etats Unis d’Amérique où vivent la plupart de ses 7 enfants. Il est membre de Lions Club Bukavu, revêtu de la qualité de “Lion à vie”. En mars dernier, il parvient à se faire élire Sénateur de la Province du Sud-Kivu. C’est à ce titre qu’il préside actuellement le bureau provisoire du Sénat en sa qualité de doyen d’âge.

Quant à la première secrétaire, Marie Josée Kamitatu Sona ; elle est née le 27 septembre 1987. Elle a été plébiscitée au Kwilu pour le compte de G7 avec 6 voix. Elle a également la chance d’appartenir aux clans Kamitatu et Bomboko. Son géniteur, Olivier Kamitatu et ses deux grand-pères Cléophas Kamitatu et de Justin Marie Bomboko ont beaucoup travaillé, aux premières heures de l’indépendance et ont contribué à la construction de l’histoire politique de la Rdc. Cette cadette du sénat est la fille ainée d’olivier Kamitatu. Ce dernier a occupé de grandes fonctions de responsabilités dans ce pays pendant longtemps. Il est encore frais dans la mémoire collective. Marie Josée Kamitatu hérite de son père, l’éloquence et l’intelligence qui lui permettent d’avancer pas à pas et sûrement dans sa carrière politique.

S’agissant de la deuxième secrétaire du bureau provisoire, Victorine Lwese Bakuamoyo, elle est née le 17 juillet 1988. Elle était élue avec 5 voix dans la province du Kasaï comme indépendante. Elle est bel et bien un fruit de l’école d’Evariste Boshab. Et c’est sous son ombre qu’elle dessine son parcours politique.

Signalons par ailleurs que cette deuxième législature au sénat connait la participation des grands de ce pays. Aux nombres des quels se classent en ordre utile le grand Manitou Modeste Bahati Lukwebo qui pourra prendre la tête du bureau définitif, Josée Makila Sumanda, Alexis Ntambwe Mwamba, Augustin Matata Mponyo, Mike Mosisi, Baramoto, willy Bakonga, Carole Agito, Mwando et autres. Il y a aussi des jeunes sénateurs et sénatrices comme Tristan Etumba, Francine Muyumba… et des hommes de Dieu.

La première étape de la validation des pouvoirs des élus a déjà été franchie. Elle a aussi concerné les 9 suppléants des sénateurs ayant renoncé à leur mandat de sénateur au profit d’autres postes. Il s’agit entre autres, de Flory Ntumba et Odette Mbuyi Ngoy. il ne reste plus que l’élaboration du règlement intérieur et l’élection du Bureau définitif.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *