Rdc/Processus électoral : Contre vents et marées, Nangaa poursuit l’envol !

Par Julien Ntabaza

Plus que deux mois avant la fin officielle des opérations d’enrôlement et de la tenue du fichier électoral. Ces opérations d’enrôlement se poursuivent dans certains coins de la République. Dans d’autres endroits, l’insécurité a empêché leur bon déroulement. L’on attend toujours désespérément la mise en place du CNSA en vue de l’organisation des élections en décembre 2017.

Répondant aux préoccupations des acteurs politiques au cours d’une réunion, le vice président de la Ceni Bashengezi a souligné qu’il n’y aura pas publication du calendrier électoral global avant la mise en place du CNSA. D’où, les inquiétudes se multiplient dans l’opinion sur l’aboutissement du processus. Chacun se demande ce qu’il adviendra si les élections n’étaient pas organisées au 31 décembre 2017. L’accord de la Saint-Sylvestre sera vidée de sa quintessence et avec lui, la légitimité des institutions qui en sont l’émanation.

Conscient de cet état des choses, le Président de la Commission électorale nationale indépendante, Corneille Naanga met tout son sien pour ne pas rater sa mission. Le destin et le poids de la stabilité de toute une nation restent suspendus sur ses épaules.

Le vice-président de cet organe, Norbert Bashengezi a été chargé de voir avec toutes les parties prenantes, la possibilité d’une réussite totale du processus. Au cours d’une rencontre, il a parlé de plus de 20 millions d’électeurs déjà enrôlés dans les deux premières aires opérationnelles. Il martèle qu’à Kinshasa l’objectif est d’enrôler 4 400 000 d’électeurs. 4 centres ont été créés premièrement (à savoir le centre de Gombe, de Kinshasa, de Lingwala et de Barumbu) pour lancer ces opérations. L’évolution ultérieure pourra déterminer l’élargissement de ces opérations. Tout en saluant cette avancée, les sceptiques relèvent que la mise à jour du fichier électoral n’est pas le seul préalable avant l’organisation de prochains scrutins. Bashengezi a appelé les parties à sensibiliser la population sur l a nécessité des opérations d’enrôlement en cours. Il note que Kinshasa a perdu en nombre de sièges et qu’il faut tout faire pour relever la pente.

D’après des sources mieux informées, la convocation du scrutin présidentiel cette année devient une équation à plusieurs inconnues. Le budget présenté par le premier ministre Tshibala ne rassure pas. Le gouvernement n’a pas de programme d’action cohérent. Les institutions sont illégitimes. Les partenaires financiers internationaux sont trop exigeants avant toute implication. Les sanctions ciblées de l’Union européenne ne font qu’exacerber la morosité du climat politique déjà délétère entre la RDC et ses partenaires traditionnels. Le pays comptait plutôt sur eux pour une bonne partie du financement de ce processus. La main qui donne reste toujours au-dessus. Faire la sourde oreille face aux exigences de l’Union européenne serait synonyme pour la RDC, de se renfermer dans l’isolement qui avait caractérisé la période avant l’avènement de Joseph Kabila au pouvoir. La majorité au pouvoir brandit l’argument de la souveraineté pour ne pas céder aux pressions extérieures. Mais, que peut bien faire le gouvernement de Tshibala pour réunir en si peu de temps, l’argent nécessaire à l’organisation des élections et améliorer en même temps le vécu quotidien du Congolais ? Cette question démontre la complexité de la situation et le risque d’enlisement. Nangaa peut bien évoluer. Mais, l’Etat et ses partenaires restent les bailleurs de fonds pour le succès des opérations. La pente est certes glissante, mais pas insurmontable, pourvu qu’on mette de côté les passions partisanes.

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