Rdc/Mines – CEEC : Freddy Muamba fait le nettoyage à sec !

Le nouveau gestionnaire du Centre d’Expertise, d’Evaluation et de Certification des Substances minérales, précieuses et semi – précieuses « CEEC », Freddy Muamba Kanyiku rentre dans un vaste plan de nettoyage, d’ordonner et d’organiser les choses ainsi que de la mise à jour de ce service pourvoyeur du trésor public.

Ghislain Ntumua  

Le tempo est placé. Les options levées. Le go donné. Le train du CEEC quitte la gare. A la commande, c’est Freddy Muamba Kanyiku. Choisis pour changer la gouvernance de prédation dans ce service et de renflouer le trésor public. C’est un nettoyage à sec qui se fait là via la ministre des mines, Antoinette N’samba Kalambayi. Cette dernière les avait entretenu et briefé dès l’entame de leurs fonctions, les objectifs du gouvernement et de la vision du président de la République devant être implémenter scrupuleusement.

Le comité Freddy Muamba s’est mis automatiquement au travail. Ce, après avoir passer au peigne fin la situation générale de ce service. Il pose un diagnostic, assorti d’un programme de relance du CEEC avec comme mission principale de ramener des statistiques fiables devant permettre à la République d’assoir sa politique. C’est à quoi il s’attelle depuis pratiquement il y a moins d’une année. Il tient beaucoup à sortir le CEEC du carabistouille dont il se trouve afin de renverser la tendance.

Décidément, Freddy Muamba met notamment en place l’initiative de traçabilité de l’or d’expoitation artisanale pour empêcher la sortie frauduleuse de 30 tonnes qui échappaient au contrôle du CEEC. L’un des premiers actes fort d’encadrement des recettes qu’il a posé. Cela va permettre à la République de se retrouver.

C’est vraiment un travail d’Hercule, la traçabilité et le contrôle des minerais de la RDC. Conscient de la tâche combien difficile, Freddy Muamba fait participé tout le monde pour une réussite tous azimuts. Les représentations diplomatiques de la République Démocratique du Congo « Rdc »accrédités à l’extérieur se voient associées dans ce combat. Il les a ( ambassadeur rd-conglais en poste en Afrique du Sud, Zambie, du Malawi ainsi que celui de la Namibie) réuni en séance de travail samedi 05 Mars au siège de l’étabissement pour les entretenir sur ce travail et du modus operandi mis en place en prévision de  l’ouverture dans un avenir proche, des entités extérieures, dans le seul but de lutter contre la fraude et la contre bande minière.

L’ouverture ou la réouverture des entités extérieures est motivée par la détermination de mettre fin au bradage des ressources minérales encadrées par l’établissement public, à travers la mise en place de certaines mesures d’encadrement et de contrôle, de l’intérieur jusqu’à l’extérieur du pays.

Nous avons compris notre faiblesse qui vient de notre absence sur le corridor, une raison de plus qui nous pousse à nous placer à l’extérieur pour assurer le contrôle des colis, notamment à l’embarquement. Car notre préoccupation majeur reste, a déclaré Freddy Muamba lors de la réunion avec des ambassadeurs dans son cabinet de travail.

En outre, il a présenté la sécurité qu’offre les différents certificats de traçabilité des minerais congolais. Séance tenante, il a procédé à une démonstration de l’intelligence de leur fabrication qui les rendent inviolables et difficiles à pirater.

Ouvrant le chapitre de la présentation du CEEC, ses missions, le Directeur Technique , Daniel Mbayo Ngoyie, a lui, rappelé « Étant donné que les produits miniers marchands de la RDC sont sujets de l’exportation vers l’extérieur, par manque de raffineries, le cadre de collaboration avec les partenaires extérieurs permettrait de lutter contre la fraude et la contre bande minière, et mettre ainsi fin à ce mal qui gangrène le secteur minier. C’est Pourquoi le CEEC tient à être présent à l’extérieur ».

Freddy Muamba, a, par ailleurs, promis de travailler étroitement avec les sections économique des différentes représentations diplomatiques de la RDC à l’extérieur du Pays, afin de contribuer à la création des conditions favorables pour booster l’économie du pays à partir du secteur minier. Ce qui n’a pas manqué d’émerveiller les ambassadeurs, qui ont salué l’initiative, mais surtout le courtage et la détermination de l’autorité de certification.

Ils ont à leur tour suggérer au CEEC de collaborer avec d’autres services d’intelligence et de sécurité du pays ,entre autres le Ministère national de l’intérieur.

Les ambassadeurs saluent la démarche du D.G le fait de les avoir associés à cette initiative.

« Nous la soutenons à 100%. Nous avons beaucoup appris de ces échanges. Au niveau de l’Afrique du Sud, nous soutenons toutes ces actions et nous espérons pouvoir changer les choses, surtout en ce qui concerne le manque à gagner de notre pays dans la fraude minière» ( déclaration des ambassadeurs par Fidèle Mulaja Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la RDC en RSA, porte parole du groupe.

Les ambassadeurs s’expriment chacun en ce qui le concerne

Pour l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire près de la Zambie et du Malawi, Chantal Konji Maloba;  » Nous avons beaucoup appris de cette réunion, et sommes en même temps choqués par les énormes pertes que notre pays enregistre, à travers la fraude. Je pense que si nous nous engageons à travailler en synergie, nous pourrions trouver gain de cause. C’est ça notre objectif. C’est vrai que nous n’allons pas toute de suite mettre fin à la fraude, mais nous y arriverons progressivement. Pour ce faire, le CEEC a tout notre soutien ».

Quant à l’ambassadeur de la Rdc en Namibie, Anastas Kaboba K WA-Kimba, a salué, l’initiative du Directeur Freddy Muamba. Et, laisse attendre que cette réunion ; « nous a vraiment permis de nous rendre compte de ce que nous avons à faire pour que la RDC et sa population profitent pleinement de ses minerais. Il nous faut exactement ce travail d’organisation entre le CEEC et les missions diplomatiques pour arriver à cet objectif « .

Noter que cette réunion de travail a connu la participation des quelques Directeurs et Chefs des divisions du centre, entre autres Simon Manzonzikila DGA, Giron Tshipamba, Directeur des ressources humaines, Patrick Nyembo, Directeur des services Généraux, Christian Tshiminyi Chef de Division Planification et Promotion.

Signalons que le CEEC est l’autorité congolaise de certification des substances minérales précieuses et semi- précieuses. A ce titre, il renferme l’expertise congolaise pour évaluer les flux des matières soumises à l’exportation.l

Les experts et techniciens du CEEC réfléchissent sur l’exploitation et la commercialisation des minerais des terres rares.

Les terres rares désignent en effet 17 métaux : le scandium, l’yttrium, et les quinze lanthanides. Ces matières minérales aux propriétés exceptionnelles sont utilisées dans la fabrication de produits de haute technologie. Avec le boom du numérique et des nouvelles technologies vertes, aujourd’hui, à l’échelle de l’économie mondiale, les terres rares sont considérées comme des métaux stratégiques.

Freddy Muamba nourri les ambitions de prendre en charge des minerais dits de terres rares dans la chaîne de traçabilité à cause de la demande de ces produits miniers sur le marché international des matières premières.

« Cette réflexion permettra d’établir une réglementation adéquate de base d’analyse et de taxation, en vue de la certification de cette famille des métaux, d’établir un cadre règlementaire et technique des terres rares. La mise en place d’un système de traçabilité et de certification participe au renforcement de la paix, de la sécurité et de la stabilité de l’Est de la RDC et l’encadrement de l’exploitation de ces substances » (Freddy Muamba).

Regard des experts sur l’exploitation et la commercialisation des terres rares !

Deux points préoccupent les expert. La nature, les caractéristiques et les applications d’usage de ces minerais des terres rares.

Ils ont à cet effet formulé des propositions sur les types d’exploitation pour les terres rares et la protection de l’environnement, l’encadrement de la commercialisation et le protocole d’exportation.

Ces propositions ont été adoptées au mois de janvier courant lors d’un atelier organisé par le CEEC ayant pour thème « les terres rares, entre forte demande et nécessité d’encadrement ».

Le représentant du directeur général empêché, le directeur technique du CEEC, Daniel Mbayo, a, à la clôture de ces assises indiqué que ces réflexions des scientifiques visent à protéger la population qui peut se livrer à l’exploitation des terres rares.

« Les conclusion qui viennent de sortir présage que les experts que nous avons invités, qui ont tout fait des propositions pour que scientifiquement les experts et les intervenants du ministère des Mines s’accordent de la manière dont nous allons encadrer la filière des terres rares et nous pensons que des résolutions qui sont sorties vont être mises à la disposition de madame la ministre, de manière à ce que des protocoles à travers une commission qui va être instituée soit établie et que désormais la filière de terre rare en RDC soit mis en marche  » (Daniel Mbayo).

 Freddy Muamba Kanyiku s’aligne sur tous les fronts des combats du président Félix Tshisekedi

Freddy MUAMBA KANYINKU se positionne dans le classement des personnalités engagé à faire réussir le président Félix Tshisekedi dans son premier mandat. A Mbuji-Mayi (dans le Grand Kasaï), lors de la visite de Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO en décembre 2021, il était visiblement perçu dans les rangs aux cotés du président. Cette présence dans la ville diamantifère aux côtés du Président de la République démontre à suffisance l’intérêt et la détermination qu’il a d’apporter la pierre à l’édifice.

Le CEEC a pour missions d’expertiser, d’évaluer et de certifier les substances minérales précieuses et semi-précieuses en République Démocratique du Congo. Le Directeur Général, M. Freddy MUAMBA KANYINKU, en sa qualité d’autorité de certification mettra surement à profit son séjour au Kasaï au bénéfice de la nation. Ainsi que tout son savoir-faire pour l’amélioration de la traçabilité des diamants et l’augmentation de leur moyenne en vue de renflouer les caisses de l’état.

Et ce, conformément à la dynamique de rupture impulsée par le Chef de l’État, M. Félix TSHISEKEDI TSHILOMBO que le Centre d’Expertise d’Evaluation et de Certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses assure une réponse à un des défis majeurs auxquels le Gouvernement de la République est confronté.

La canalisation à travers les circuits officiels de tous les flux d’or de la filière artisanale sortant frauduleusement du territoire national au préjudice du Trésor public.

L’interview de Freddy Muamba dans Géopolis

Le secteur minier en République Démocratique du Congo (RDC) joue un rôle extrêmement important dans la mobilisation des recettes. Mais pour déterminer l’assiette fiscale dans ce secteur, tous les minerais doivent être évalués et certifiés en suivant les normes établies tant au niveau national qu’au niveau international. Et la structure chargée d’accomplir cette double mission dans le pays (analyser et certifier), c’est le Centre d’Expertise, d’Evaluation et de Certification des substances minérales, précieuses et semi-précieuses (CEEC). Service hautement technique, le CEEC réalise aujourd’hui un travail éloquent tout en contribuant efficacement à la lutte contre la fraude minière et au renflouement du trésor public. Dirigé aujourd’hui d’une main de maître par un fils maison, ce service compte bientôt ériger des laboratoires conformes à la norme ISO 17025. Mais qui est l’actuel dirigeant du CEEC ?

Freddy Muamba est le désormais Directeur Général ad intérim du CEEC. Avec ces 17 ans d’expériences au sein de cet établissement public, il envisage de mettre toute son expertise au service du Centre. Diplômé en Gestion commerciale et financière, le DG Muamba a suivi plusieurs formations extra-professionnelles et participé à de nombreux séminaires au niveau international, notamment l’atelier à Wijnegem en Belgique sur l’usage et l’entretien de la machine type Diasort pour le tri de diamants, la sixième vague de formation sur les nouvelles procédures nationales de passation des marchés publics à Kinshasa, ect. Polyglotte, Freddy Muamba a acquéri durant son parcours un certain nombre des compétences qui lui ont permis de mener des actions suivantes : l’élaboration du programme d’actions du CEEC, l’identification de nouvelles opportunités d’investissements dans le secteur minier, la mise en œuvre du Mécanisme Régional de Certification de la CIRGL, l’évaluation du niveau d’exécution des projets et du programme d’actions du centre, la conception et la mise en œuvre de l’Initiative de Traçabilité de l’Or d’exploitation Artisanale (ITOA), etc. Ci-dessous, découvrez l’intégralité de l’interview qu’il a accordé à Geopolis Hebdo.

William Albert Kalengay (WAK)/ Comment on s’organise par rapport à la fraude minière ? Quel est le dispositif mise en place pour lutter contre la fraude minière ?

Freddy Muamba (FM)/ S’agissant de la fraude minière, il faut comprendre qu’il y a un type de fraude suivant les filières du secteur minier. Vous avez la filière de l’or, la filière de diamant, la filière de 3 T (Cassitérite, Coltan et wolframite), la filière de pierre de couleur, et la filière cuprocobaltifère ou cuivre et cobalt. Quand vous parlez de la fraude, vous le faites de manière générale. Mais un fraudeur qui intervient dans la filière de l’or peut voler la substance minérale et en fabriquer des bijoux. Il peut même échanger son or contre un sac de riz sans que l’État ne puisse percevoir une quotité en termes de taxe. Un fraudeur de pierre de couleur peut voler et mettre le minerai dans un sac et le mélanger avec le haricot. D’ailleurs, les 3T sont parfois mélangés dans un sac avec les haricots. Et quand on le (sac) voit, on pense que c’est un sac des haricots mais quand ça sort du pays, ce sont des minerais qui sont exportés. Il y en a qui en mettent dans des citernes comme si c’était du carburant. Et on a déjà attrapé les auteurs de ce genre d’actes à l’Est du pays. Alors pour s’organiser contre ces fraudeurs, l’État a mis en place la Commission Nationale de Lutte contre la Fraude Minière (CNLFM) qui a pour objectif de travailler en synergie afin de permettre aux services qui luttent contre la fraude minière de mettre en place des stratégies visant à endiguer ce phénomène tant décrié. Ladite commission avait été mis en place par le Ministère de l’Intérieur et le Ministère des Mines. C’est comme ça que le CEEC comme instrument du Ministère de Mines s’est vu confier la Coordination et comme adjoint c’était la Direction Générale de Migration (DGM) parce que beaucoup d’étrangers qui entrent comme s’ils venaient visiter le pays viennent pour exploiter les sites miniers sans en avoir la qualité. Comment devait opérer cette commission ? Chaque mois, il y a une réunion pour évaluer la politique mise en place et les cas de fraude constatés, les solutions à apporter, ainsi que les amendes payées et la quotité de l’Etat. La Commission vit elle aussi des dons et de quotité sur les amendes pour toutes les fraudes qu’elle a pu identifier. Et moi j’ai patronné cette commission à Goma en qualité de Directeur provincial à l’époque. Et chez nous au Nord-Kivu, les choses ont bien fonctionné et l’Etat a eu sa quote-part avec une note de perception établie par la Direction Générale des Recettes, Administratives, Judiciaires, Domaniales et de Participation (DGRAD). Les membres de la Commission avaient des petites collations en fonction de la transaction telle qu’elle était faite. Et les minerais dont les propriétaires n’étaient pas identifiés sont gardés par les services judicaires jusqu’à ce jour. Et au moment où on parle, il y a des minerais dont les ventes sont en public et la quotité de l’État sera mis de côté. Et nous avons aujourd’hui un logiciel qui a été créé pour un accompagnement. Et on est devenu d’ailleurs comme un modèle pour la lutte contre la fraude. Là c’est au niveau du Nord-Kivu. C’est donc une très bonne commission qui doit être réactivée pour éviter que chaque service puisse arrêter des présumés fraudeurs à sa manière. Je prends un exemple : la Direction Générale des Douanes et Assises (DGDA) arrête, mais n’a pas de matériel pour identifier s’il s’agit de minerais ou pas. Donc si on travaille en synergie, c’est le CEEC qui va évaluer. Et s’il faut aller en justice, nous avons le Parquet qui est avec nous. Ce qui permet d’éviter des actions isolées dans le domaine de la lutte contre la fraude minière.

WAK/ Aujourd’hui, le CEEC est au cœur d’une grande politique sous régionale de certification. Et il y a quelques mois ou quelques années, nous avons appris qu’il avait un certificat que vous pouviez donner à compétence sous régionale. Qu’en est-il exactement aujourd’hui ? Est-ce que ce certificat se donne toujours ? Est-il toujours efficace ? Est-ce qu’il a régressé ? Quel est le point que vous faites sur cette question ?

FM/ Je pense qu’il faut apporter sur cette question un peu de lumière. Le CEEC a pour mission de certifier et d’analyser. Et la certification comme elle est définie comprend deux grandes parties : la partie technique et la partie administrative. Dans la partie technique, ça dépend de la filière dans laquelle vous voulez certifier. Si vous voulez certifier le diamant, vous serez dans ce qu’on appelle la certification du PK (Processus de Kimberley). La certification de diamant, c’est beaucoup plus l’homme qui intervient. Il s agit donc de l’expertise de l’homme pour déterminer la pierre, regarder la forme, la couleur, le coût international. Et c’est sur base de cette expertise qu’on arrive à donner la valeur. C’est vrai qu’il y a aussi des équipements pour évaluer la taille et la couleur afin de fixer le meilleur prix. A ce niveau là, le CEEC continue jusqu’aujourd’hui à établir le certificat de Kimberley. Mais il se pose quand-même des petits soucis au niveau de la vraie valeur. Depuis qu’on est arrivé ici, nous sommes entrain de travailler et nous avons mis en place une équipe de 6 évaluateurs dont 3 évaluent à priori et les 3 autres évaluent a posteriori. Après, on compare et on tire les moyennes. Cependant, je pense qu’il y a eu sensiblement une évolution au niveau de la valeur des moyennes de nos diamants. Parce que l’Etat congolais tire ce qu’on appelle le droit de sortie un peu comme la douane de diamants par rapport à la valeur établie par le CEEC. Par ailleurs, il y a la quotité administrative que les entités perçoivent au niveau de la vente en tenant compte de tous ces éléments qui sont évalués par le CEEC. En ce qui concerne l’or, nous établissons le certificat de la sous-région CIRGL. Et au niveau de ses outils signés à l’époque par l’ancien président de la République Joseph Kabila, Il y a ce qu’on appelle le mécanisme régional de certification qui a permis de mettre en place le certificat CIRGL. C’est un peu comme le passeport des minerais de 3 T. Ces derniers sont des minerais à haut risque ou à conflit qu’on retrouve dans la sous-région. Pour voir ces minerais là, il fallait mettre ce mécanisme régional. A l’époque, nous avons été désigné pour conduire ce projet. Le certificat CIRGL est donc notre projet. Et nous avons eu le temps de faire la sous-région en accompagnant des autorités. A l’époque, j’étais Directeur des études et planification. Et c’était donc dans le cadre promotionnel. Il fallait faire connaître notre document dans la sous-région. C’est de ce document que vous parlez jusqu’ aujourd’hui, les 3 continuent à être exploités. Pour ce faire, il y a un mécanisme de traçabilité qu’on appelle ITRI qui est une traçabilité étrangère que nous avons adopté à l’époque au niveau du Ministère des Mines. Aujourd’hui, nous avons mis en place ce qu’on appelle l’Initiative de Traçabilité de l’Or de l’exploitation Artisanale (ITOA) qui va bientôt être lancée par la Ministre des Mines. C’est encore une de nos œuvres que nous avons conçu pour permettre justement l’encadrement de l’or. Mais au finish, il y a toujours le certificat CIRGL qu’on émet. Quand on émet le certificat CIRGL, cela veut dire qu’on a déjà contrôlé la production de la substance, on l’a évalué et la substance a été autorisé pour être transporté par la division des Mines. Et elle a eu déjà le document de l’OCC. Et que toutes les taxes de l’État ont été payées. Et le document final qu’on émet, c’est ce qu’on appelle le Certificat GIRGL. En ce qui concerne les pierres de couleur, le cuivre et le cobalt, nous avons un mécanisme national qui est mis en place qui conduit à l’élaboration de certificat d’origine. Ce qui veut dire que pour que les minerais soient exportés, il faut procéder à leur évaluation, quantification et identification (connaître leur origine). Et la partie administrative porte sur l’élaboration du document, donc du certificat. Ça peut être le certificat de Kimberley ou certificat CIRGL ou encore certificat d’origine. Cela dépend du type des minerais.

WAK/ Est-ce que le certificat CIRGL est respecté par le destinateur final en dehors de la région ? Est-ce que ceux qui viennent s’approvisionner en ressources minérales ou autres ont intégré le fait qu’ils ne peuvent acheter que ce qui est vérifié ?

FM/ De ce côté là, il y a du chemin à faire. Mais nous pouvons dire qu’il y a en gros beaucoup d’avancées parce que nous sommes aujourd’hui membre de l’Organisation pour le Commerce et le Développement Économique (OCDE) qui édicte ce qu’on appelle les différentes normes. Cependant, ces différentes normes sont mises en place pour que le produit acheté soit un produit exempt de conflit. Donc on ne peut plus acheter l’or sans connaître l’origine. Pour en connaître l’origine, il faut avoir le certificat CIRGL. Vous ne pouvez pas avoir le diamant sans connaître l’origine. Pour connaître l’origine, il y a le certificat PK. Et il y a des notifications qu’on envoie dans le système. Il y a des réunions que nous avons chaque six mois et chaque 12 mois pour essayer de faire les échanges de données. Aujourd’hui, le monde est de plus en plus entrain d’avancer vers une certification conforme de l’ensemble de minerais et même le cuivre qui n’était pas sur le plan international sanctionné par un certificat d’origine. Mais on commence à nous dire qu’il y a l’exploitation de cobalt par les femmes et les enfants dans les mines. Donc il faut qu’on mette une norme. Il y a la norme européenne qui est sortie. Il y a la loi établie par les Etats unis qui demande aux américains de déterminer où est-ce que le produit a été acheté et est-ce que c’est exempt de conflit. D’où il y a le certificat qui est établi. Et ceci arrange la RDC parce que nous avons justement des frontières poreuses. Et quand, nous avons ce contrôle sur le plan international, ça renforce notre capacité et excite en même temps les pays à développer de mécanismes pour qu’il ait finalement la notion d’alerte précoce qu’il faut mettre en marche.

WAK/ Le CEEC est quand-même une structure importante dans la poursuite par l’Etat de la mobilisation des recettes. Peut-on dire que le CEEC contribue effectivement au renflouement du trésor public ? Si oui, dans quelle proportion si vous avez les chiffres ?

FM/ Ce qu’il faut savoir est que nous sommes en matière des mines. Les minerais doivent être évalués pour qu’on arrive à déterminer l’assiette fiscale. Et on ne peut pas déterminer l’assiette fiscale sans la valeur des minerais. Et je prends l’exemple de l’or : aujourd’hui Kibali exporte plus ou moins 30 000 Kg d’or et doit payer une redevance minière mais pour que cette redevance soit payée, on peut fixer le 3.5 %. Il faut connaître la valeur de l’or. Mais quand vous voyez l’or, il y a ce qu’on appelle le métal contenu peut-être 80 % de l’ensemble de l’or que vous avez vu. Ça peut être 70 %. Et la formule pour calculer la valeur réelle est de tenir compte du stock, de la teneur, coût international et le travail qui sera fait à la fin pour qu’on obtienne le 99,9 % de la teneur de l’or. Alors, le service qui fait ce travail est le CEEC. Donc dans l’ensemble de la valeur de la cagnotte qui entre en provenance du ministère des mines, il y a un travail fait par le CEEC. Et nous venons de prendre fonction et nous sommes entrain de travailler justement pour contribuer efficacement au budget de l’État. Mais je peux vous rassurer que nos valeurs ont beaucoup augmenté ces derniers temps parce que nous avons mis quand même de l’ordre dans ce travail là. Et bientôt, nous allons acquérir les laboratoires de la dernière génération justement pour la quantification des éléments contenus dans nos produits majeurs. Là, je parle de ce qui est contenu dans la famille de germanium et les autres minerais qui sont en seuil rentable ou valorisable pour permette à l’État de récupérer ces sous-produits parce que ça sort aujourd’hui comme des produits accompagnateurs et que l’État connaît quand-même de perte.

WAK/ Juste une petite précision. Il y a eu une polémique quelques mois passés entre une entreprise minière (Kibali Gold Mines) et la province de Haut-Uele. Cette polémique concernait ce que cette entreprise devait payer à la province qui avait argué le fait que le prix de vente qui est donné par Kibali, était différent du prix de vente sur le marché au pont que le calcul était complètement biaisé. Alors, on a appris qu’il avait au niveau du Ministère des Mines un arrêté qui fixait le prix de l’or même sans tenir compte du marché. C’est quand même quelque chose qui est assez flou par rapport à l’État parce qu’on ne peut pas bénéficier de l’envolée des prix et de calculer seulement sur le prix du marché. Pourquoi un prix intermédiaire ? Êtes-vous au courant de ce dossier ?

FM/ A ce sujet, je peut dire que le prix de l’or est fonction des cours internationaux. Ça, c’est le premier élément. Et le deuxième élément est que l’or ne se calcule pas par rapport à son poids mais il se calcule par rapport à sa teneur. Et quand on prend le poids de l’or et on multiplie par le cours international, on pense que c’est le prix qu’on doit payer. Je dis non. Ce qu’on fait payer est la teneur contenue dans ce poids. Mais il faut tenir compte d’un autre élément. C’est le fait que quand l’or sort de chez nous, il y a encore des impuretés mais sur le plan international on donne la valeur de 99,9 %. Ce qui veut dire qu’il y a eu un autre traitement. Donc, on a raffiné cet or là. Alors si vous prenez le prix par rapport à la production et vous voulez avoir le prix international, vous biaisez le calcul.
WAK/ Nous n’avons donc pas encore les capacités de purifier à 99 % ici dans le pays ?

FM/ Non. Pas encore. On a encore un travail à faire. Au regard de la vision de son Excellence Monsieur le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, nous pensons justement que c’est une opportunité pour nous afin que le Congo puise pousser pour se doter d’une raffinerie. Au niveau économique, il est de principe que la Banque Centrale doit normalement avoir une couverture soit en devise, soit en or. Pourtant, nous avons 30 000 tonnes en moyenne qui sortent de manière frauduleuse. Même s’il y a eu de discussion, il y a quand-même de formule pour calculer la vraie valeur. Ce n’est pas seulement le prix international. Vous avez la tonne, la teneur, le kilogramme, le coût international, voir la déduction de tous ce qu’ils feront pour casser les impuretés. Ça peut être 10 % ou 15 %. Et là, vous avez la valeur réelle pour appliquer maintenant sur le prix. Voilà ce qui se pose vraiment comme problème. Et on pense que cette formule mathématique est pour donner l’avantage aux industries. Non. C’est une réalité parce que l’or n’est pas raffiné. Or sur le plan international, c’est l’or raffiné dont on donne le prix. Alors là, il ne faut pas appliquer directement. Mais vous voyez qu’il y a une possibilité qu’on mette en place un mécanisme pour que l’or de l’exploitation artisanale soit acheté sur le plan national et pourquoi pas renforcer nos réserves de la banque centrale.
WAK/ Le CEEC comme un centre d’expertise, je suppose que ne peut entrer ici qu’un expert dans un secteur ou dans un autre. Et avez-vous l’impression que vous avez le personnel qu’il faut quand on sait se cacher que le CEEC a gratifié un clientélisme autrefois ? Est-ce qu’aujourd’hui vous avez la possibilité de n’avoir avec vous que ceux dont l’entreprise a besoin ?

FM/ Nous sommes entrain de travailler sur la question. Et nous sommes conscient qu’il y a eu un certain nombre de choses qui ont été faite. Je suis un fils maison. J’ai plus de 17 ans ici. Je connais la maison. Mais comme nous sommes en train d’attendre l’acquisition des nouvelles machines pour le laboratoire, on tiendra compte de la compétence et de nécessité parce que nous allons nous mettre dans ce qu’on appelle ISO 17025. Ce qui va justement nous permettre de mettre la qualité et l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Pour l’instant, nous sommes entrain de fabriquer le pain avec la farine qu’on a.

WAK/ Quand vois regardez l’avenir pour le CEEC, que voyez-vous ?

FM/ Je vois une société qui doit accomplir sa mission classique attendue par l’État. Le CEEC est un service hautement technique qui nous exige un certain nombre des comportements (venir à l’heure, travailler beaucoup, mettre les machines en place former le personnel et apporterez ressources dont l’Etat a besoin).

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