Rdc/Environnement & Conservation de la nature : Bazaiba a du pain sur la planche !

Le ministre de l’environnement et conservation de la nature,  madame Eve Bazaiba mène des rispostes sur tous les front des combats pour maintenir l’écosystème et préserver la nature face à des grandes mutations liées au changement climatique.

Julien Ntabaza 

Tous les efforts conjugués jusqu’ici en effet ne produisent pas des résultats a cause des mauvaises options politiques et choix des hommes en écartant des experts dans cette dynamique et processus du développement durable dans le pays.

Zoom sur les administrations de l’environnement en province

Plus de 160 000 dollars pour 5 hectares par territoire

C’est à la Division de l’environnement, l’administration environnementale au niveau des provinces en Rdc que devrait être géré des fonds leurs alloués pour réaliser le travail.

Mais au contraire, la prise des décisions importantes comme par exemple pour mettre en œuvre un projet de reboisement, ses experts sont souvent surpris de voir qu’ils ne sont pas associés.

Prenons l’exemple du projet de plantation d’arbres dans la province du Haut-Katanga. Financé par le Fonds forestier national « FFN », à hauteur de $165 000, à travers des ONG locales, il vise à planter 10 hectares dans chacun de 6 territoires (entités administratives rurales inférieures à la province) de cette province. C’est malheureusement le président national de la plate-forme GTCRR (Groupe de Travail Climat REDD Rénové), Omer Kabasele se chargera de mener ce projet. Il attend diversifier l’approche en vue d’accrocher les paysans. Il sera question de planter des agrumes et des espèces à croissance rapide comme les eucalyptus, pour une exploitation rapide.

Noter que le FFN est un service public qui a pour missions, notamment mobiliser les fonds de restauration des paysages forestiers. La taxe de reboisement figure parmi celles que lui reconnaissent le code forestier et le code minier.

La faible mobilisation des recettes respectivement en mai 221, entre juin – décembre de la même année pour des divers raisons justifierait le ralentissement dans le travail de la protection des écosystèmes et de la préservation de la nature dont les objectifs tardent à être réalisé.

Le FFN, a, pu qu’à même à mobiliser 6 millions de dollars. Or, le projet de plantation d’arbres dans le Haut-Katanga se présente comme le premier depuis que ce fonds existe en 2009.

Une pépinière a été présentée avec faste en décembre 2021 à Lubumbashi, et une autre à quelques 130 km de cette ville, à Likasi. La Division de l’environnement note aussi une parcelle de boisement de 100 hectares.

Reforestation d’arbres d’acacia près du village de Moussa, Yangambi

Ces actions semblent minimes aux yeux des observateurs. La destination réelle de l’argent perçu préoccupent tout le monde.

Il sied de rappeler que le FFN avait initié, sous l’ancien ministre de l’environnement, Claude Nyamugabo, un projet de plantation 5 hectares d’arbres en février 2021 au nord de la région du Katanga et dans le Sud Kivu.

Trois mille plantules avaient été piquées à Nyamunyunyi, en territoire de Kabare. Projet « pilote », il devait connaître des répliques dans d’autres régions. Mais, très peu ont vu le jour après.

Dans ces projets qui n’ont pas eu beaucoup de succès d’après les sources locales, le FFN aurait pu faciliter la mise en œuvre, en finançant ses activités. Dans un communiqué où elle dit son démenti sur les accusations de mauvaise gestion financière, en mai 2021, il cite toutefois le financement du projet « jardin scolaire » à Kinshasa.

Ce projet rentre dans la droite ligne du vœu présidentiel de planter 1 milliard d’arbres d’ici à 2023. Ce vœu a été lancé le 5 décembre 2020 par le président Félix Tshisekedi à l’occasion de la journée nationale de l’arbre. Félix Tshisekedi entendait ainsi matérialiser son engagement climatique, dans le but de contribuer à capturer le carbone, un domaine dans lequel il attend jouer un rôle de leader étant donné le potentiel forestier de son pays.

À l’occasion, son ministre de l’environnement Nyamugabo indiquait que ce projet allait permettre au pays de réaliser le challenge de 2011. Dans ce cadre, le gouvernement congolais s’était engagé à reboiser huit millions d’hectares au plus tard en 2023.

1 milliard d’arbres, le projet présidentiel à l’épreuve du financement

Au cours d’une réunion de conseil des ministres d’octobre 2021, l’actuelle ministre de l’environnement, Ève Bazaiba, annonçait la plantation, en deux ans, de 350 millions d’arbres. Le média environnemental Environews de Kinshasa avait alors contesté ce chiffre, se demandant où ces arbres avaient été plantés.

Si le projet présidentiel du milliard d’arbres patine, beaucoup en veulent à un déficit de planification du projet. Mais c’est aussi, pour certains comme Omer Kabasele du GTCRR, à cause de l’utilisation des fonds perçus en vue du reboisement.

Ève Bazaiba au Dialogue ministériel sur l’action climatique à la CoP 26 à Glasgow

Les taxes payées devraient permettre à l’État de réaliser le reboisement. Or, dans chaque entité minière, il y a ce qu’on appelle l’étude d’impact environnemental qui doit être réalisée en amont de toute activité d’exploitation. Cette étude donne des dispositions et des engagements que l’entreprise prend pour préserver son environnement de travail, ce que les entreprises ne respectent pas .

La principale faiblesse résulte du déficit de mise en application des lois nationales sur la préservation et la restauration de l’environnement. Et ce de la cacophonie. Les provinces, par exemple, ne rétrocèdent pas au FFN les fonds perçus auprès des sociétés privées comme exige la loi.

Partenariat public – privé sauve la situation tant soit peu

Quelques sociétés se distinguent dans des efforts de reboisement. Depuis environ 5 ans, MMG Kinsevere (filiale de MMG Australia Limited) entretient des pépinières et procède à chaque nouvelle saison de pluies, à des plantations d’arbres autour de son carré minier. Des écoliers ainsi que des paysans alentours sont associés à ses campagnes.

En 2017, des chercheurs de l’école de Criminologie de l’Université de Lubumbashi l’avaient donnée comme l’une des meilleures sociétés privées en matière de respect des droits humains au Katanga.

L’autre société qui s’active dans le domaine du reboisement est la Ruashi mining détenue par des Sud-africains et la Gécamines. Comme la première, elle répète ses campagnes de reboisements à l’est de Lubumbashi où est implantée son usine. Mais même dans ces cas, le suivi des pousses plantées pose problème.

Pépinière à Yangambi, Rdc

La Ville de Lubumbashi, jusqu’autour de 2014, a disposé d’une pépinière. Celle-ci a aussi continué à alimenter, chaque année, des campagnes de reboisements. À ce jour, une partie de sa pépinière a été spoliée. Comme pour les sociétés privées citées parmi les bons élèves, il a souvent manqué de suivi.

Difficile à compter le nombre d’arbres qui ont été plantés et combien ont pu croître. Elle peut, néanmoins, citer fièrement un bois établi à l’entrée de la ville, sur la route de l’aéroport. Il témoigne d’une possibilité de bons résultats.

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